Réflexologie et bien-être
Le point yintang, ou « troisième œil » : localisation, gestes de détente et ce que l'on sait vraiment
Il suffit de froncer les sourcils pour le sentir se plisser : le point yintang se trouve au milieu du front, juste entre les deux sourcils. On le surnomme souvent « troisième œil », on le cite pour la détente, le sommeil ou le front crispé devant l'écran. Ce guide vous apprend à le localiser sans hésiter, propose trois gestes simples selon le moment de la journée, explique d'où vient ce surnom et fait honnêtement le point sur ce que les études ont mesuré.
Où se trouve le point yintang ?
Tracez mentalement une ligne qui relie l'extrémité intérieure de vos deux sourcils : le point yintang est au milieu, sur la ligne médiane du visage. Chez certaines personnes, les sourcils sont très écartés ou presque joints ; le repère reste le même, à mi-distance de leurs débuts. Au toucher, on sent souvent un léger creux, juste au-dessus de la racine du nez.
Son nom chinois, yintang, se traduit littéralement par « salle du sceau ». Dans la médecine traditionnelle chinoise, il fait partie des points dits « hors méridiens », répertoriés à part sous le code EX-HN3 ; certaines nomenclatures récentes le rattachent au Vaisseau Gouverneur, la ligne qui suit le milieu du crâne et du dos. Si vous cherchez un point d'acupression « entre les yeux », c'est presque toujours de lui qu'il s'agit.
Une précaution : il ne faut pas le confondre avec les points situés au coin interne de l'œil, tout près du globe oculaire. Ceux-là ne se pressent pas soi-même. Le yintang, lui, se trouve sur l'os du front, à bonne distance des yeux.
Pourquoi l'appelle-t-on le « troisième œil » ?
Le surnom ne vient pas de la Chine, mais de l'Inde. Dans les traditions du yoga, l'espace entre les sourcils correspond au sixième chakra, ajna, associé à l'intuition et à la concentration. C'est aussi là que se pose le bindi ou le tilak, ce point coloré que l'on voit sur le front, et certaines méditations proposent de diriger le regard, yeux fermés, vers cet endroit.
Deux traditions différentes ont donc retenu le même endroit du visage. Rien d'étonnant : c'est l'un des lieux où se lit la tension. On fronce les sourcils pour se concentrer, quand on s'inquiète, quand la lumière de l'écran fatigue. Relâcher cette zone, c'est souvent relâcher tout le visage. Le reste, la « vision intérieure » ou l'éveil de la glande pinéale que promettent certains sites, relève de la croyance et non de faits établis.
Le point yintang : ce que l'on en dit, ce qui est prouvé
La tradition lui prête un effet apaisant : calmer l'agitation, aider à s'endormir, détendre le front et le nez. Les études sont rares, mais l'une d'elles mérite d'être connue. En 2003, une équipe d'anesthésistes grecs a testé une pression de dix minutes sur ce point chez 25 volontaires en bonne santé. Pendant la pression, un indice tiré de l'activité électrique du cerveau, utilisé au bloc opératoire pour suivre le niveau de sédation, baissait ; il revenait à la normale dès la pression relâchée. Les volontaires se disaient aussi moins stressés qu'après une pression sur un autre point.
Les limites sont nettes :
- 25 personnes seulement, toutes en bonne santé, recrutées à Athènes ;
- le point de comparaison était, selon les auteurs eux-mêmes, désagréable à presser, ce qui avantage forcément le yintang ;
- l'effet mesuré disparaissait aussitôt la pression arrêtée ;
- un indice de sédation n'est pas une mesure du sommeil ni du bien-être au quotidien.
En clair : presser doucement le front, les yeux fermés, semble favoriser un état de calme passager. C'est un geste agréable et sans risque, pas un somnifère ni un remède contre l'anxiété.
Trois gestes autour du yintang, selon le moment
Le front tendu devant l'écran
- Fermez les yeux, posez les coudes sur le bureau.
- Du bout des doigts, lissez le front du milieu vers les tempes, cinq fois, comme pour effacer un pli.
- Posez la pulpe du majeur sur le yintang et faites de petits cercles lents, dans un sens puis dans l'autre, pendant une minute.
- Rouvrez les yeux en regardant au loin, par la fenêtre si possible.
Au lit, pour préparer le sommeil
Allongé(e) sur le dos, lumière éteinte, posez le majeur sur le point sans appuyer, et laissez simplement son poids agir pendant dix respirations lentes. Pour une routine complète du coucher avec d'autres points, voyez notre guide acupression pour dormir.
La paume chaude, quand la tête déborde
Frottez vos paumes l'une contre l'autre jusqu'à les sentir chaudes. Posez une paume en travers du front, le talon de la main sur le yintang, l'autre main sur la nuque. Restez ainsi une minute, en expirant lentement par la bouche. Ce geste convient bien aux pensées qui tournent en boucle ; notre guide sur la charge mentale propose d'autres pistes.
Dans tous les cas, la pression reste légère : l'os est juste sous la peau. Évitez une peau irritée, un bouton ou une cicatrice récente, et arrêtez si un mal de tête apparaît ou augmente.
Yintang et réflexologie crânio-faciale
Le front, les tempes et la racine du nez font partie des zones où se logent les crispations du quotidien. C'est précisément là que travaille la réflexologie crânio-faciale proposée au cabinet de Don : 30 minutes, 60 €, allongé(e) et habillé(e). Séverine y enchaîne des pressions lentes sur la nuque, le crâne, le front, les tempes et le visage, dont des points issus de l'acupression. Beaucoup de personnes décrivent ensuite des traits relâchés, une tête plus calme, et certaines finissent par somnoler.
Séverine est réflexologue, pas acupunctrice : vous ne recevrez pas une séance d'acupression, mais un soin de détente du visage et du crâne. Pour associer pieds, mains et tête, le Rituel S.È.V.E dure 1 h 30. Vous préférez apprendre les gestes pour vous ? Notre guide d'auto-massage du visage complète celui-ci. Une première visite ? La page votre première séance explique le déroulé.
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Questions fréquentes
Combien de temps presser le point yintang ?
Une minute suffit pour une pause, jusqu'à deux ou trois minutes au coucher. Une pression douce et prolongée est plus agréable qu'une pression forte et brève.
Peut-on masser le yintang enceinte ?
Il ne fait pas partie des points habituellement cités comme déconseillés pendant la grossesse. Un toucher léger du front reste un geste doux ; en cas de doute, ou si vous avez des maux de tête, parlez-en à votre sage-femme.
Le point yintang aide-t-il à dormir ?
Certaines personnes s'endorment plus facilement avec ce geste, qui invite à fermer les yeux et à ralentir le souffle. Aucune étude ne montre qu'il améliore le sommeil. Une insomnie qui dure plusieurs semaines mérite d'en parler à votre médecin.
Peut-on le presser à un enfant ?
Oui, avec un toucher très léger, s'il l'accepte, par exemple dans le rituel du coucher. Notre guide sur le rituel du soir de l'enfant donne d'autres idées.